Deux livres sur le découplage

Mes réflexions concernant l’évolution de l’efficacité énergétique de l’économie ont conduit à 2 contributions dans des livres récents:

« Produire plus, polluer moins : l’impossible découplage ?« ,
avec Gaël Giraud, Philippe Roman,  Aurore Lalucq et Philippe Frémeaux, édité par Les Petits Matins et l’Institut Veblen, en Novembre 2014 [lien]

et

« Economie de l’après-croissance. Politiques de l’Anthropocène II.« ,
sous la direction d’Agès Sinaï, publié aux éditions de Science Po, avec des contributions de Philippe Bihouix, Christophe Bonneuil, Alice Canabate, Yves Cochet; Paul Jorion, Virginie Maris, Dominique Méda, François Roddier [lien].

 

Le livre « Produire plus, polluer moins : l’impossible découplage » , co-édité par l’Institut Veblen, traite d’une question clef de l’écologie, le lien entre la production économique et son impact environnemental. L’économiste Gaël Giraud met en lumière le lien structurel entre énergie et l’activité économique telle que mesurée par le PIB, et explique la nécessité de refonder les modèles économiques pour prendre en compte les flux physiques. Philippe Roman présente les indicateurs de flux de matières, et démontre qu’une bonne part des progrès attribués aux pays riches en matière de réduction de leur empreinte écologique sont attribuables aux délocalisations vers les pays du Sud. Ma contribution concerne les aspects physiques, comme la nécessité de consommer toujours plus d’énergie pour extraire les ressources naturelles, qui constituent des freins à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Enfin Philippe Frémeaux et Aurore Lalucq concluent l’ouvrage en s’interrogeant sur la notion de richesse, et en posant les bases d’un nouveau contrat social-écologique.

Le synopsis du livre résume bien l’enjeu:

« Produire plus en dégradant moins l’environnement : telle est la perspective incarnée par le concept de découplage. En des temps où la crise écologique s’aggrave et où la croissance économique fait défaut, il accompagne l’espoir d’une « croissance verte » qui associerait retour au plein emploi, progression du pouvoir d’achat et réponse aux défis environnementaux.
Tout le problème est que ce miracle, nous expliquent les auteurs, ne s’est encore produit nulle part à ce jour. En outre, à étudier les ressorts de la croissance passée, on constate qu’elle a été étroitement dépendante d’une énergie abondante et bon marché.
Si nous voulons éviter une décroissance brutale, imposée par les pénuries de ressources ou la dégradation des écosystèmes, provoquant chômage de masse, aggravation des inégalités, menaces pour la paix et la démocratie, il faut sans attendre mettre en oeuvre un nouveau modèle d’économie et de société, économe en énergie et en matières
. »

Le livre « Economie de l’après croissance » rassemble, sous la direction d’Agnès Sinaï, des contributions de membres de l’Institut Momemtum.  Il trace les contours d’une économie biophysique, encastrée dans les cycles de la nature, ralentie, locale, et sobre. A l’horizon de ce nouveau paradigme, la décroissance apparaîtra non pas tant comme une contrainte que comme une nécessité éthique et physique.

J’y publie pour ma part une version très étendue de mon article sur « L’impossible découplage« .