Donald Trump , sauveur de la planète ?

L’élection de Donald Trump a provoqué une très forte inquiétude de la part des personnes concernées par le réchauffement climatique et l’environnement, de par ses positions ouvertement climatosceptiques et le choix de son gouvernement, très favorable aux énergies fossiles et à l’abolition de toute régulation environnementale.

Pourtant, il est possible que son action soit, in fine, plus favorable au climat que celle qu’aurait eue Hillary Clinton si elle avait été élue, qui promettait énergies renouvelables et croissance verte à la sauce high-tech.  En effet, observons que, jusqu’ici, aucun progrès technique n’a permis la réduction significative des émissions de CO2 mondiales. Celles –ci restent toujours fortement couplées à la croissance économique, et les seules fortes baisses ont eu lieu lors des crashs économiques, comme après la crise de 2008 ou l’effondrement de l’URSS.

Contrairement à Hillary Clinton, Trump ne croit pas qu’un découplage soit possible et à ces histoires de croissance verte. Son modèle, ce sont les années 60, et, pour ‘Make America Great Again’, il compte sur les vieilles recettes, en augmentant autant que possible la production fossile , en utilisant la diplomatie pour sécuriser l’approvisionnement pétrolier[1], en dérégularisant tout ce qui peut l’être, et en construisant des infrastructures à tour de bras.  Et ça peut marcher, car Trump a raison, c’est bien l’énergie et le minimum de réglementation qui créent la croissance économique et permet de maintenir l’American Way of Life.

Du moins quelque temps. Car le monde n’est plus celui des années 60, et en particulier sur les aspects énergétiques. Les tentatives d’augmenter la production d’énergie fossile se heurteront vite aux limites géologiques, car nous sommes proches du peak-oil ‘tout liquide’ et qu’il faut de plus en plus d’énergie pour produire de l’énergie et extraire des matières premières. En outre, les réglementations financières ont été mises en place pour limiter les conséquences des crashs économiques, or le système financier mondial n’a jamais été aussi fragile. En les supprimant, Trump va le rendre encore plus fragile.

Les prochaines crises pourraient donc venir plus tôt que si la candidate démocrate avait été élue, qui aurait pu retarder l’échéance. Elles seront surtout plus violentes, plus profondes que toutes celles qui ont précédé, impactant la croissance mondiale, ce qui conduira à une baisse des émissions de CO2 suffisantes pour éviter un emballement climatique.  Mais ça provoquera sans doute aussi des guerres et des régimes autoritaires un peu partout dans le monde, notamment en Europe où il n’y a ni énergie fossile ni forces armées crédibles pour sécuriser les approvisionnements. Il devient urgent que nous comprenions, vite, la nécessité du partage et de la Décroissance.

 

[1] D’après Matthieu Auzanneau, la nomination du PDG patron ExxonMobil, ami de Poutine, à la tête du secrétariat d’État est doute lié aux projets d’exploitation des pétroles de schistes russes. http://petrole.blog.lemonde.fr/

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.