Rapport sur la « Croissance Verte »

Je vous recommande la lecture du rapport suivant sur la « Croissance Verte ».

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03-10.pdf

Il est assez différent de tout ce que j’ai lu jusqu’ici.

En résumé :
Les auteurs (qui incluent Alain Grandjean , membre de la FNH) partent de l’équation de Kaya pour montrer l’ampleur du changement nécessaire: « Il va donc falloir faire 6 à 7 fois mieux chaque année dans les 40 prochaines années, que dans les 30 dernières années… »

Ils discutent ensuite du peak oil, du rôle possible des NTIC (techno de l’information), des mutations sur les flux financiers, pour en conclure que « Les deux piliers du modèle précédent, NTIC et capital financier globalisé, ont montré leur incapacité à
générer une croissance durable et soutenable
, en raison notamment de la montée spectaculaire des
inégalités, des risques et des déséquilibres financiers globaux. Il ne fait pas de doute que la prise en
compte isolée ou simplement additionnelle d’un troisième pilier, le capital environnemental, en simple
réponse aux défis posés par le changement climatique notamment, sera vouée à l’échec.

L’émergence d’un nouveau modèle de croissance verte impose non seulement une prise en compte
cohérente et systémique des enjeux beaucoup plus larges que la simple adjonction d’un input
supplémentaire dans une dynamique économique qui s’est épuisée. Mais elle requiert de surcroît de la
part des pouvoirs publics une action ambitieuse en matière de nouvelle régulation des marchés et des
comportements sur ces nouveaux marchés. »

Suivent une présentation des liens croissance / environnement (avec des courbes de Kuznets très éloquantes) , et une argumentation sur la nécessité de guider les NTE  (nouvelles Technologies de l’Environnement) pour éviter l’effet rebond.

« Les contours du nouveau modèle de croissance verte devront s’appuyer sur une augmentation de la
contribution des secteurs producteurs et utilisateurs de NTE à la croissance du PIB à tous les échelons
(efficacité énergétique de l’offre et la demande, signal envoyé au marché via le prix du carbone, la
fiscalité etc.) accompagnée de changements structurels (signal envoyé au marché via l’effet prix et
productivité des NTE, la correction des défaillances de marché etc.). »

Suit un paragraphe sur « l’économie de la fonctionnalité » (ie usage plutôt que possession, par exemple autopartage, velib, …) .

La seconde partie décrit les mécanismes de quotas, une description des plans de relance, les emplois verts, l’intensité énergétique et les marges d’améliorations (notamment via les NTIC, qui semble non négligeable).

Constatant que les approches actuelles ne suffisent pas, les auteurs discutent du signal-prix (taxe carbone), des impacts technologiques ( à ne pas surestimer, mais un vrai potentiel dans les transports et le tertiaire) , la régulation du marché, …

Enfin, les auteurs appellent à « travailler à un nouvel équilibre entre économie, environnement et société », notant que « Le prochain temps d’équilibre et d’expansion de l’économie correspondra ainsi à un usage plus rationnel des ressources qui restent à notre disposition pour satisfaire des besoins de bien-être. Il verra nécessairement une réévaluation du rôle des objets au profit de celui du rapport à notre environnement naturel et humain. »

Ils proposent un nouveau paradigme, dont les mots clefs sont « Anticiper, Coordonner, Fédérer« , et la conclusion est :

« Au stade actuel, les réponses envisagées au problème suivent trois grandes logiques : la modification des signaux-prix, la recherche d’une rupture technologique et l’augmentation volontariste de l’efficacité énergétique. Si chacune de ces pistes doit effectivement être suivie pour parvenir à une réduction substantielle des émissions de GES, s’y engager sans disposer d’une vision globale réduirait sévèrement les chances de succès. Ces actions, qui ont chacune leurs limites doivent être conçues comme des composantes d’une stratégie globale qui s’appuierait sur:

  • un objectif général de sobriété de l’économie;
  • l’invention d’un régime de croissance qui ne soit pas uniquement fondé sur l’innovation technologique, mais sur la fourniture de services plus qualitatifs qui visent à améliorer le bien être des individus en répondant à des besoins plus essentiels que les seuls besoins matériels;
  • la mise en cohérence des instruments (taxes, normes, marché de quotas, politique industrielle) utilisés pour s’assurer que les comportements induits chez les acteurs économiques sont bien compatibles avec les objectifs environnementaux visés;
  • une politique de formation ambitieuse pour accompagner la conversion nécessaire des compétences professionnelles aux nouveaux métiers de la croissance verte.

L’annexe 1 résume les recommandations.

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